Caverne du dragon - Le Musée du Chemin des Dames
Conseil Général de l’Aisne

Découvrez le musée et l'Histoire de la Caverne du Dragon

Une marche, puis deux, puis trois… La lumière du jour disparaît progressivement à mesure que l'on s'approche… La fraîcheur du lieu se fait ressentir petit à petit, l'obscurité vous enveloppe, le silence s'impose : vous voilà arrivé dans l'antre de la Caverne du Dragon.

Une entrée de la Caverne du Dragon en juillet 1917 Intérieur d'une creutte Soldats prenant leur repas à l'intérieur de la Caverne du Dragon en 1917 Cimetière situé à l'intérieur de la Caverne du Dragon en 1917 Plan de la Caverne du Dragon au 30 juin 1917 Vue de l'extérieur de la Caverne du Dragon vers 1925

La Caverne du Dragon, ou Drachenhöhle

Lors de la Première Guerre mondiale, et dès les premiers mois de l'année 1915, des troupes allemandes investissent une carrière de pierre probablement exploitée à partir du XVIème siècle, sur le Chemin des Dames dans le département de l'Aisne. Plus qu'un abri de fortune, la grotte se transforme vite en enjeu militaire stratégique.
L'une des légendes ayant peut-être inspiré aux Allemands le nom de « Caverne du Dragon » est la présence d'armes, aux sept entrées prêtes à cracher le feu tel le dragon à sept têtes.
Les mitrailleuses sont postées. L'ennemi à abattre : les combattants français… Le Drachenhöhle vient de naître, et le sang coule déjà.


La Guerre à 15 mètres sous terre…

Pendant la guerre, il est courant de trouver d'anciennes carrières d'extraction de pierre réaménagées pour les besoins des armées, et particulièrement dans les plateaux de l'Aisne, dans la région de Soissons. Lorsque les soldats allemands enlèvent la Caverne du Dragon aux Français, ils prennent l'avantage. Le refuge est un emplacement stratégique : la Caverne permet des attaques et des replis par surprise sur le Chemin des Dames, route de crête surplombant les vallées de l'Aisne et de l'Ailette. Protégés du froid malgré une forte humidité, les Allemands transforment la Caverne en une véritable caserne avec postes de tirs et un réseau d'électricité. Alors que les morts s'amoncellent dans les tranchées, l'aménagement allemand dans les artères souterraines se met en place : des dortoirs, une chapelle, un puits, un poste de secours et même un cimetière… Quand ils ne servent pas à protéger des tirs ou d'attaques au gaz, les murs de pierre se parent de souvenirs -parfois religieux- de soldats au repos: dessins ou messages à la fumée de bougie et autres gravures. Pour s'occuper, les plus habiles sculptent des objets en utilisant des balles et des douilles usagées.

Le 25 juin 1917, peu après l'échec dramatique de l'offensive Nivelle, des soldats français remportent une victoire : la prise de la Caverne du Dragon. Ils repoussent peu à peu les Allemands au fond de la grotte. A partir du mois de juillet et jusqu'en octobre 1917, les deux camps ennemis imposent alors leurs frontières intérieures, chacun restant sur le qui-vive. Désormais, le moindre bruit entendu dans les salles de la grotte devient source d'inquiétude…

Inauguration du musée, le 4 mai 1969 Inauguration du musée, le 4 mai 1969 Inauguration du musée, le 4 mai 1969 Inauguration du musée, le 4 mai 1969 La Caverne du Dragon en 2007 La Caverne du Dragon en 2007

La Caverne aujourd'hui

Devenant site touristique et mémorial de guerre dès 1920, la Caverne du Dragon se visite à la bougie puis à la lampe au carbure.
A partir de 1969, sous l'impulsion de Henri de Benoist, président de la Jeune Chambre économique de Laon, de Gérard de Francqueville qui y associe le Souvenir français, et de Maurice Bruaux, directeur du comité de tourisme de l'Aisne, un nouveau musée est installé et inauguré le 4 mai, en présence du ministre de la Recherche scientifique, Robert Galley.

En 1995, le Souvenir français confie la Caverne au Conseil général de l'Aisne pour une durée de trente ans. La Caverne du Dragon se dote alors d'une nouvelle muséographie. Catherine Trautmann, ministre de la Culture et de la Communication y est accueillie le 5 novembre 1998.
Le 5 juillet 1999, la Caverne du Dragon est réouverte au public, et de part sa renommée, devient rapidement le premier musée visité du département de l'Aisne.

Mêlant galeries souterraines séculaires et scénographie contemporaine, la Caverne du Dragon met en lumière les éléments d'un passé lourd de souvenirs. A l'aide d'animations multiples, par le biais d'objets, de fonds sonores, de vidéos et d'images d'archives, le visiteur se retrouve immergé dans la vie quotidienne du soldat sur le front, dans l'enfer vécu par les Poilus et par ceux d'en face.